Le passionné et plus encore le supporter tend à chercher au travers du prisme de sa perception des choses (avec ce que ça comporte de biais), ce qui fait que son équipe de cœur ne performe pas autant qu'il le souhaiterait…
A ce niveau de pratique, les choses sont par nature multifactorielles. A contrario, en “pure amateurie” (c'est à dire aux niveaux de pratique les plus bas), on trouve encore des manques dans les équipes définitivement rédhibitoires pour espérer gagner bcp de matchs (ton mec le + grand fait 180 cms = dur en touche, le plus lourd 80 kgs = dur en percu, le plus rapide fait le 100 m en 18 secondes = dur en débordement..). Tel n'est pas le cas en Nationale. Pour exemple; un coup tu vas être déficitaire en touches, la fois d'après tu présenteras un solde positif, idem pour la fermée. On peut (j'allais on doit pour ce qui concerne le staff) chercher à disséquer par secteur, avec pour objectif de mettre en évidence si ce n'est carences, au moins ce qu'il convient de travailler prioritairement.
L'intention est louable. Ceci dit, il est des évidences qui sont “plus évidentes” que d'autres ! Et les choses dans ce cas se traduisent en chiffres…Pas en perception…Mais bel & bien en chiffres !
Aujourd'hui, USBPA présente la particularité d'être la plus mauvaise défense de la Nationale avec 120 points encaissés ! L'équipe qui la précède à ce classement en est à 113. Ca signifie que la défense Violette, la dernière de ce championnat, encaisse qd-mm plus de 10% de points de plus que l'avant-dernière !!!! 90 % de plus que l'équipe aujourd'hui classée à la sixième place; celle envisagée en début d'exercice…Sur quatre matchs, si bien sûr on ne peut pas encore parler de tendance lourde (le fameux échantillon représentatif qd on cause sondage ou stats); c'est qd-mm une indication.
On pourrait partir du principe que cette équipe Violette s'est fait une spécialité de s'épanouir dans les matchs dits : “ débridés” ou “rythmés” (ce qui signifie dans les faits où il se marque bcp de points) ceci expliquant cela. On pourrait aussi invoquer et en vrac le calendrier, LE match qui plombe la moyenne, pourquoi pas la météo ??? Il y a certainement un peu de tout ça pour expliquer une moyenne de 30 pts encaissés par match…
Si je mets en lumière les choses uniquement sur le volet “chiffres” (et dieu sait si je ne suis pas par nature es qualité de coach un data adorateur !) c'est que dans les faits et sur ce bloc on constate une incommensurable dichotomie entre les discours d'intentions ( dixit RS, il s'agissait de capitaliser sur une défense forte !) et la réalité chiffrée…
Quelle conclusion en tirer mm si bien sûr, parler de “conclusion” au lendemain de quatre matchs joués est un tantinet exagéré ?
Je vois deux alternatives pour expliquer le chiffre invoqué. Soit les outils mis en place pour parvenir à l'objectif initial (celui de défense forte !) ne sont pas les bons. Par outils j'entends organisation, choix des hommes (avant saison ET match après match), gestion du banc, motivation/valorisation du joueur…L'autre alternative tenant dans l'objectif initial qui n'est simplement pas le bon parce que tu n'aurais (?) pas les hommes fibrés pour s'inscrire dans cette logique rugbystique ! Ce qui entend un staff qui n'aurait (?) pas la bonne perception de son groupe ? Ce qui est plus inquiétant…
Je crois que la vérité se situe un peu à mi-chemin entre ces deux alternatives…
Dans un souci de progression, peut-être conviendrait-il de faire un peu plus de choix d'hommes calibrés pour s'envoyer en défense si le propos reste de capitaliser sur ça ? Peut-être aussi conviendrait-il de s'inscrire dans une logique d'un peu moins se débarrasser de la gonfle sans verser dans l'excès inverse ???
En synthèse, si évidemment aujourd'hui rien n'est plié (après tout USBPA est à ce jour à égale distance de la saison galère comme d'aller choper un accessit !), je croix qu'il y a des choix forts à faire pour aller tâter du bon côté de la force. On n'est pour moi pas dans la logique d'une équipe qui tiendrait un truc qu'il convient d'affiner mais plutôt d'une équipe qui n'a pas encore défini un cap. Ce n'est pas trop tard pour le faire mais il ne faut pas trop lambiner au risque d'emprunter la logique du "temps perdu qu'on ne rattrape plus ).