
...Mais reste confiné dans sa consanguinité. Pour preuve la dernière idée de Pierre Camou et du bureau fédéral, c'est de créer une cellule technique qui
aura pour mission d'étudier les mesures à prendre pour donner au XV de France les moyens d'être plus compétitif.
Première erreur, ils ont la volonté de mettre le XV de France au centre de l'organisation du rugby français. L'équipe de France, c'est en moyenne 10 matches par an. Cela ne pèse pas lourd économiquement face aux championnats professionnels, mais là encore ce n'est pas le problème le plus important.
Le véritable problème est au niveau du joueur et la question n'est toujours pas élucidée. Comment fait-on pour emmener un enfant vers le niveau international ? Quels sont les critères à retenir ? Le physique ? La technique ?
Nous venons pendant plus de 10 ans de tout baser sur le physique. Le souci est que tout le monde fait du physique maintenant et que ce n'est plus un critère qui différencie les pays. En revanche, il y a des réflexes chez les All Blacks, les Australiens, les argentins que nous n'avons pas en France. Chaque pays a sa façon de s'approprier le rugby, comme pour n'importe quel sport. En football, il n'y a qu'un Brésil, en Handball, il n'y a qu'une équipe de France, en Basket, il n'y a qu'une Dream Team. On développe son style en commençant à l'école, en copiant ses aînés, mais l'influence principale reste la beauté du geste. Quelle est la beauté d'un autobus qui va percuter un gros bébé qui est en face de lui ?
La base de l'excellence, c'est l'identité sportive. Il faut regarder ce qui se passe dans les autres disciplines, pas d'un point de vue technique, mais d'un point de vue visuel. Nous voulons être des Luc Abalo, des Tony Parker, des Zidane, des Dan Carter. Les magiciens, ce sont eux qui donnent envie. Bien sur, nous aurons toujours besoin de "gros" devant, mais là encore, les autres nations nous proposent des piliers et deuxièmes lignes qui sortent des protocoles établis.
Nous prenons le rugby comme un sport de combat, là où d'autres nations le considèrent comme un sport d'évitement et arrivent à trouver les intervalles.
Alors non, cette cellule technique ne va rien changer, parce que le bureau fédéral va faire appel à ses copains. Pas de souffle nouveau. Je suppose qu'on en est au niveau de préparer les menus du midi et du soir.
Là, où je rejoins Bernard Laporte, c'est qu'il faut que Camou et le bureau fédérale démissionnent, car ils ont prouvé qu'ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils faisaient depuis longtemps. Ce n'est pas seulement l'EDF, c'est aussi le fait de moins faire jouer les licenciés en général, les jeunes en particulier. Aucune logique, sauf celle de faire des économies car les finances sont plombées depuis la coupe du monde 2007.